Après tant d’émotions, de sommets, de lacs et de rencontres sauvages, notre retour à Calgary résonne comme une fin de chapitre. Le cœur encore tout vibrant des paysages de Jasper et Banff, il flotte autour de nous une douce mélancolie : celle qu’on ressent quand on quitte quelque chose de grand, de pur, de vivant.
Ours tranquilles sur le bord des routes, orignaux massifs aux bois imposants, biches fuyantes, marmottes curieuses, aigles planant dans le ciel – la nature canadienne nous a offert un ballet silencieux et noble. Elle nous a accueillis, nourris, émerveillés. À notre retour à Calgary, un vide s’installe. Et pourtant, cette ville a su nous parler à sa manière, en toute discrétion.
🏙️ Calgary : ville suspendue entre ciel, prairie et passerelles
Calgary, 1,3 million d’habitants, est une ville étonnante. Capitale de l’énergie, de l’agriculture et du western moderne, elle ne donne jamais l’impression d’être une métropole oppressante. Son urbanisme a su préserver l’espace, l’air et le végétal. Des parcs un peu partout, des arbres dans les avenues, une impression de fluidité malgré son développement rapide. C’est une ville où le ciel est toujours visible, même entre deux tours.
Signe distinctif unique en Amérique du Nord : le +15 Skywalk, un réseau de passerelles couvertes perchées à 15 pieds (4,5 mètres) au-dessus du sol, qui relie entre eux plus de 100 bâtiments du centre-ville. Créé dans les années 1970 pour contrer les rigueurs de l’hiver, ce système permet aujourd’hui de circuler à travers toute la downtown sans jamais sortir dehors. Une ville dans la ville, suspendue et fonctionnelle. Ce n’est pas esthétique, mais c’est incroyablement pratique.
🌸 Jardins Devonian : une parenthèse florale en plein centre
Niché à l’ombre des gratte-ciel, le Devonian Gardens est un jardin botanique couvert, situé dans le centre commercial CORE. Créé en 1977 puis entièrement rénové en 2012, il offre une oasis de verdure sous verrière : 500 arbres tropicaux, des bassins, des sculptures et une aire de jeux pour enfants. Une halte fraîche, presque irréelle, dans la trépidation urbaine.
🚶♂️ Stephen Avenue Walk : l’élégance historique
La Stephen Avenue Walk (8th Avenue SW) est l’un des joyaux patrimoniaux de Calgary. Bordée de bâtiments centenaires à l’architecture victorienne en grès de couleur miel, cette rue piétonne bat au rythme des boutiques, cafés, musiciens de rue et événements. Elle tient son nom de George Stephen, président du Canadien Pacifique qui a supervisé la construction du chemin de fer transcontinental.
Ici, l’histoire se mêle au quotidien : derrière les vitrines modernes se cachent les fantômes du boom pétrolier, des pionniers de l’Ouest, des travailleurs du rail. Benjamin s’est amusé à chercher les plaques historiques au sol pendant que nous profitions d’une belle lumière sur les façades.
🗿 Wonderland Sculpture : poésie d’acier
Face à l’imposant gratte-ciel Bow Building se dresse Wonderland, une sculpture géante en treillis d’acier représentant une tête de jeune fille. Haute de 12 mètres, elle a été conçue par l’artiste espagnol Jaume Plensa. On peut entrer littéralement à l’intérieur du visage, comme si on pénétrait une idée, un rêve. Le contraste entre la lourdeur des bureaux d’affaires environnants et la légèreté de cette œuvre est saisissant.
Benjamin a adoré l’effet d’optique et s’est amusé à passer à travers les lignes d’acier. Mélanie, elle, s’est interrogée sur le regard vide de la sculpture, tourné vers le ciel. Nous, on y voyait presque un adieu, un moment de suspension avant de refermer le livre de l’Ouest.
🏞️ Scotsman’s Hill : barbecues, manèges et skyline
Pour notre dernier panorama, nous avons gravi quelques marches jusqu’au Scotsman’s Hill, colline qui surplombe la Saddledome Arena et offre une vue parfaite sur la skyline de Calgary. Ce lieu tire son nom des ouvriers écossais qui y vivaient autrefois et descendaient à pied jusqu’aux usines voisines.
Ce jour-là, l’endroit était vivant : familles en pique-nique, enfants courant entre les barbecues portables, musiques, jeux forains. Une ambiance détendue, simple, presque hors du temps. En contrebas, le site du Stampede, désormais déserté, semblait reprendre son souffle après les onze jours de folie.
🛍️ Midday stop : Market Mall
Le Market Mall, l’un des centres commerciaux les plus grands et les plus anciens de la ville (1963), fut notre pause déjeuner. Un lieu sans charme particulier mais qui nous a permis de nous poser, recharger les batteries, et observer le quotidien calgarien : familles en weekend, jeunes en sortie shopping, retraités prenant leur café dans les allées.
✈️ Préparatifs, valises et au revoir
La fin d’une étape se mesure toujours à la densité des émotions du départ. Après avoir arpenté Calgary, rangé nos souvenirs dans des sacs compressés, trié les peluches et les jouets, vérifié dix fois les billets, nous savions que le lendemain serait rude : réveil 3h du matin, départ à 4h pour l’aéroport.
Demain, nous retournons dans l’Est. À Toronto. Une nouvelle page.
🐾 L’Ouest, une étreinte sauvage
L’Ouest canadien nous a conquis. Profondément. Exception faite de Vancouver — qui nous a laissés perplexes avec ses rues peuplées de silhouettes fantomatiques et toxicomanes errants — le reste fut une immersion en pleine nature, une ode à la liberté.Nous retiendrons la gentillesse des gens, l’accueil sincère malgré les barrières linguistiques, l’omniprésence de la culture asiatique dans les commerces, les contrastes marqués entre tradition et modernité. Et bien sûr, les animaux : tant d’animaux croisés, observés, parfois à quelques mètres seulement, dans un respect muet, magnifique.
Galerie Photos
Les 3 meilleurs photos 360°
La meilleur video







































Laisser un commentaire