Aujourd’hui, nous avons quitté Victoria en direction de Nanaimo, laissant derrière nous le faste victorien pour nous enfoncer un peu plus dans le mystère naturel de l’île. Premier arrêt : le Pipers Lagoon Park. Le ciel était légèrement voilé, mais la lumière douce mettait en valeur les contrastes d’un paysage unique : d’un côté, la baie asséchée par la marée basse, de l’autre, l’immensité des montagnes qui se fondaient dans les nuances calmes de la mer.
Ce parc est un joyau discret de Nanaimo. Autrefois territoire des Snuneymuxw, une Première Nation de la région, cet endroit a toujours été un espace de rassemblement et d’observation du vivant. Lorsqu’on marche ici, pieds nus sur les étendues humides, on entre dans une sorte de laboratoire vivant : des coquillages par centaines, de petits crabes qui filent sous les algues, et un silence marin seulement troublé par les cris des goélands. Benjamin, bien entendu, a rapidement décrété qu’il était un explorateur de l’estran en mission “top secrète”.
À notre départ, une scène digne d’un film se dessinait : des chaises blanches étaient posées en demi-cercle, des guirlandes flottaient dans la brise, et un couple riait en déposant des fleurs sur le sable… un mariage se préparait au bord de la baie, comme une promesse murmurée entre mer et ciel.
Nous avons ensuite repris la route vers l’intérieur de l’île, direction Cathedral Grove, dans le MacMillan Provincial Park. Ce lieu porte bien son nom : entrer dans cette forêt, c’est comme pénétrer dans une cathédrale végétale. Le silence y est feutré, presque religieux, et les arbres, vieux parfois de plus de 800 ans, s’élèvent comme des piliers célestes. Ces douglas taxifoliés, certains parmi les plus anciens du Canada, peuvent mesurer jusqu’à 75 mètres de haut. À leurs pieds, une végétation luxuriante de mousse émeraude, de fougères géantes, et de troncs tombés recouverts d’un velours végétal.
Autrefois, cette forêt couvrait presque toute l’île de Vancouver. Aujourd’hui, Cathedral Grove est l’un des rares vestiges de cette majesté originelle. En 1944, un violent vent a abattu plusieurs géants, ouvrant un sentier naturel dans ce sanctuaire. Ironie du sort : la tempête a offert aux visiteurs une façon d’entrer dans l’histoire.
Benjamin a d’ailleurs passé son temps à désigner des arbres et à leur donner des prénoms. À croire qu’il n’a pas encore décroché de son univers de Yakari, version forêt enchantée !
La journée s’est achevée à Port Alberni, petite ville lovée entre montagne et fjord, où nous avons posé nos valises avant de partir demain vers Tofino — en quête de baleines et d’horizons salés.
Un peu fourbus, un peu émerveillés, beaucoup heureux. Ce soir, les yeux se ferment sur une île qui, décidément, a de la magie dans ses racines.
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