Hier, nous avons quitté Kamloops au matin, laissant derrière nous les collines arides du plateau intérieur pour nous engager sur la Transcanadienne, direction Revelstoke, aux portes des Rocheuses.Sur la route, un arrêt que nous attendions avec une certaine curiosité : le village fantôme de Three Valley Gap, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Revelstoke. Un lieu hors du temps, à la fois reconstitution historique et machine à remonter les souvenirs — ou les frissons.
🏚️ Three Valley Gap : quand le passé refuse de s’effacer
Le site est niché au creux d’un couloir naturel entre montagnes et lac. Autrefois, l’endroit abritait une petite communauté établie autour du développement du chemin de fer du Canadien Pacifique, puis tomba lentement dans l’oubli. Ce n’est que dans les années 1960 que Gordon et Ethel Bell, passionnés d’histoire et de patrimoine, décidèrent de redonner vie à cette époque perdue. Ils achetèrent des bâtiments entiers, les démontèrent planche par planche à travers la province, et les remontèrent ici, au bord du lac Three Valley.Aujourd’hui, plus de 30 bâtiments historiques recréent la vie quotidienne des pionniers du XIXe siècle : école, poste de police, église, saloon, imprimerie, boutique générale, hôtel Bellevue, et même une rue commerçante complète, où tout semble encore habité.Nous avons pris le temps d’explorer chaque recoin : chaque devanture, chaque enseigne, chaque grincement de bois semblait porter une mémoire. L’église St. Stephen, venue du village de Donald en 1886, conserve encore ses bancs en bois patinés. Le magasin général C.B. Hume, déplacé depuis Nelson, montre encore ses étals d’époque, remplis de bouteilles médicinales, de conserves en fer-blanc et de rouleaux de tissu.
🚂 La gare et les trains : le poumon ferroviaire d’autrefois
Juste à côté du village fantôme, une ancienne gare de trains désaffectée rappelle l’importance vitale du chemin de fer dans l’histoire de l’Ouest canadien. C’est ici que s’effectuait l’aiguillage des convois, en étoile, pour distribuer marchandises et passagers à travers toute la région.Plusieurs locomotives d’époque et wagons restaurés sont visibles. Certains ont été transformés en mini-expositions, d’autres laissés volontairement dans leur jus, avec des graffitis d’époque gravés dans la rouille.Mais le clou du spectacle pour Benjamin fut sans hésiter le train fantôme : un wagon entièrement aménagé en parcours sensoriel, bruits, ombres, craquements, squelettes animés et autres effets ludiques — rien de vraiment effrayant, mais juste ce qu’il faut pour déclencher des rires nerveux. Il y est retourné deux fois, “juste pour vérifier qu’il avait bien tout vu”.
🏔️ Revelstoke, ville de montagne au passé bien vivantAprès cette immersion dans le XIXe siècle, nous avons repris la route pour les derniers kilomètres nous séparant de Revelstoke, dernière étape en Colombie-Britannique avant de passer en Alberta.Nichée entre la chaîne de Selkirk et le Parc national des Glaciers, Revelstoke est un véritable joyau montagnard, fondé en 1880 au moment du percement du chemin de fer. Son nom vient du baron Edward Baring, lord Revelstoke, banquier britannique qui a financé l’achèvement de la ligne transcontinentale.Aujourd’hui, Revelstoke est connue pour deux choses : l’hiver et la verticalité. Sa station de ski, la Revelstoke Mountain Resort, est la plus dénivelée d’Amérique du Nord (1 713 mètres), et attire les skieurs extrêmes du monde entier. L’été, la ville vit au rythme des randonneurs, cyclistes de montagne et amateurs de rafting, qui viennent chercher ici nature brute et sensations fortes.Mais la ville a su garder son âme. Son centre historique, avec ses façades en briques rouges et ses cafés chaleureux, invite à la flânerie. On y trouve de superbes fresques murales retraçant l’histoire ferroviaire et autochtone, et un petit musée ferroviaire passionnant pour prolonger la visite de la journée.
🕒 Changement d’heure, changement d’airÀ la sortie de Revelstoke, en reprenant la route vers Banff, nous avons aussi franchi une nouvelle frontière temporelle : +1 heure sur notre fuseau horaire. Le temps file, mais notre route aussi.
Nous quittons peu à peu les terres de l’Ouest pour nous enfoncer dans les Rocheuses canadiennes, où d’autres merveilles nous attendent.
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